Les enfants surdoués et précoces

Les enfants surdoués

Sommaire

INTRODUCTION 

I- THEME ET SUJET    

II- DE LA QUESTION DE DEPART A LA CONSTRUCTION DE L’OBJET DE RECHERCHE

A-   Carte d’exploration théorique   

B-   Nos recherches documentaires                           

C-   Fiches de lecture                                          

D-   Bibliographie raisonnée                                  

III-SYNTHESE ET ENNONCE DE LA QUESTION DE RECHERCHE

CONCLUSION

 

Introduction

 

Nous connaissons tous des enfants en grandes difficultés et souvent ils ne ressemblent pas à ce qu’on pourrait imaginer. Nous opposons cancres et bons élèves, mais la réalité est plus complexe. Un élève peut être cancre et surdoué à la fois. Un enfant surdoué peut ne pas être détecté.

Pour être sûr qu’un enfant est surdoué il faut qu’il passe un test de QI (Quotient Intellectuel) qui permettra de manière objective de savoir s’il est précoce ou non. S’il obtient un score supérieur à 125 alors on pourra le qualifier de haut potentiel, sachant que la moyenne nationale est de 100.

On estime que  les surdoués représentent 2.1% de la population, soit environ 450 000 enfants scolarisés. L’enfant précoce rencontre malgré tout de nombreuses difficultés.

Les problèmes constatés sont nombreux, et les professeurs sont souvent peu renseignés et absolument pas formés pour repérer et gérer les enfants à haut QI.

On peut diviser l’ensemble des élèves surdoués en 3 parties. La première qui est en échec scolaire, la deuxième qui réussit moyennement et la troisième qui obtient d’excellents résultats.

 

I- Theme et sujet

 

Étant étudiantes en première année de Licence « Information et Communication parcours Sciences de l’Education », nous avons décidé de nous diriger vers le domaine de l’enseignement. En effet, il nous paraît intéressant d’étudier le problème des enfants surdoués dans la mesure où, en tant que futures professionnelles de l’éducation, il est fort probable que nous soyons confrontées à ce type d’élèves. De plus, lors de notre stage de quinze jours au sein d’établissement scolaire, Sarah a rencontré un enfant surdoué. Elle a alors pris conscience que celui-ci ne vivait pas bien cette situation. Ce jeune garçon se sentait exclu du reste de la classe. Enfin, Sarah a constaté que l’enseignante de l’enfant avait beaucoup de difficultés à le faire travailler à son niveau du fait que le reste de la classe avait un niveau plus faible. Au cours d’une discussion, l’institutrice expliqua à Sarah qu’elle s’est aperçue du problème grâce aux échecs scolaires de l’élève. En effet ce dernier s’ennuyait en classe du fait de ses facilités c’est pourquoi il ne cherchait plus à faire les exercices demandés. Intéressées par le sujet nous avons centré notre réflexion sur l’enfant surdoué et ses échecs scolaires.

 

Une fois cette étape réalisée, nous avons pu nous interroger sur les prénotions concernant le sujet. Tout d’abord, le terme « surdoué » semble être le plus important. Selon nous, cela correspond au fait qu’un individu (principalement un enfant) dispose de capacités intellectuelles supérieures à la moyenne. Ensuite est ressorti le mot « élève » qui nous est apparu crucial également puisqu’il s’agit d’un apprenti qui a pour but de commencer à s’instruire et à se socialiser au sein de l’école. Puis, la notion d’intelligence a surgi. Il s’agit, d’après nous, d’une faculté de l’individu à comprendre les choses de la vie par la pensée. L’échec scolaire, quant à lui, nous semble être tel un manque de réussite en ce qui concerne les compétences d’un élève dans le domaine de l’enseignement.

 

Notre thème étant dégagé, de multiples interrogations nous sont venues à l’esprit :

  • Comment peut-on définir qu’un enfant est surdoué ?
  • Le milieu socio-culturel influence-t-il l’émergence des surdoués ?
  • Comment se comporte un enfant surdoué ?
  • Les surdoués sont-ils souvent en situation d’échec ?
  • Un surdoué peut-il ne pas se rendre compte de sa précocité ?
  • Un enfant surdoué l’est-il dans tous les domaines ?
  • Quelles sont leurs perspectives ?
  • Pourquoi certains surdoués vivent-ils mal leur situation ?
  • Comment un élève précoce peut-il s’intégrer ?
  • Comment vivre au mieux la précocité intellectuelle ?
  • Pourquoi est-il nécessaire d’aider les surdoués ?
  • L’enseignement est-il adapté aux enfants surdoués ?
  • Est-il nécessaire que ces enfants aillent dans des institutions spécialisées ?

 

Ainsi, d’après toutes nos réflexions, deux questions principales se sont dégagées. Tout d’abord, comment peut-on définir qu’un enfant est surdoué ? En effet, il est selon nous nécessaire d’établir, avant tout, une définition précise de ce phénomène ainsi que les principales caractéristiques d’un enfant précoce afin de mieux comprendre le problème.

Ensuite, on peut se demander si l’enseignement proposé actuellement est réellement adapté aux enfants intellectuellement doués.

Grâce à ce cheminement, nous avons donné naissance à notre question de départ : comment un élève surdoué, qui a autant de possibilités intellectuelles, peut-il échouer ?

 

II – De la question de depart a la construction de l’objet de recherche

 

A-  Carte d’exploration théorique

 

Mots-clés de départ Mots-clés en association d’idées Auteurs ou domaines
Élève – début de socialisation

– apprentissage

– sortir de l’égoïsme

Surdoué – facilités

– intelligent

– exclusion

– Terrassier, Jean-Charles. « Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante »

– Adda, Arielle. « Le livre de l’enfant doué ».

– Billuart, Stéphany. « Le guide de l’école autrement : de 2 à 12 ans »

-Chavenas, Sophie. « Guide des écoles pas comme les autres : de la maternelle à la terminale »

Échouer – essayer

– non réussi

Intelligence – savoir

– faculté humaine

– Oleron, Pierre. « L’intelligence »

B-   Nos recherches documentaires

 

Au tout début, nous dirigions notre dossier vers le thème de l’autorité et des sanctions scolaires. Voyant la complexité du sujet, nous avons décidé de changer d’optique. Ainsi, nos nouvelles recherches documentaires se sont portées sur le thème des enfants surdoués et de leur échec scolaire. À cause de ce changement, nous avons perdu un temps considérable, nous avons donc dû accélérer le rythme par la suite.

Dès le départ, nous avions beaucoup d’idées différentes et des questions qui restaient trop générales. Il s’est montré difficile de cibler le sujet sur un angle précis. De toutes nos interrogations, nous avons tout de même réussi à dégager une question principale qui sera, par la suite, notre question de départ.

Grâce à nos démarches ultérieures et nos multiples interrogations, nous n’avons pas eu de réels obstacles pour dégager les mots-clés tournant autour de ce sujet. Toutes les questions que nous nous posions employaient plus ou moins les mêmes idées, ce qui a facilité notre réflexion lors de cette étape.

Ensuite, nous avons eu des difficultés à réaliser l’étape des prénotions. Définir les termes nous a posé beaucoup de problèmes. En effet, le fait de toujours plus approfondir s’est montré plus compliqué que nous le pensions. Ainsi, nous nous sommes perpétuellement réinterrogées sur les mots à employer. Une fois ceci terminé, toutes les notions nous ont paru plus simples.

Lors de l’élaboration de la carte d’exploration théorique, des difficultés se sont fait sentir. Nous n’avons pas véritablement compris l’objectif de cette démarche. Les conseils du professeur et les nombreux échanges avec d’autres étudiants, nous ont éclairés sur ce qu’il fallait faire. Pourtant, un obstacle persistait : aller toujours plus loin dans notre réflexion. Ainsi, là encore, nous y avons passé plus de temps que prévu.

En ce qui concerne les recherches documentaires à effectuer, nous les avons débuté en allant à la Bibliothèque Universitaire. Cependant, la plupart des livres concernant les enfants surdoués étaient empruntés. Nous avons donc commencé par lire des livres disponibles traitant de l’intelligence, de l’éducation, soit, des thèmes plus ou moins en rapport avec notre dossier. Par la suite, nous avons effectué des recherches sur Internet où de nombreux sites s’intéressaient à notre sujet. Nous avons donc rédigé notre introduction pour cibler nos recherches documentaires. Peu de temps après, nous avons eu accès aux livres de la Bibliothèque Universitaire qui n’étaient pas disponibles auparavant. Nous avons alors pu nous documenter sur les enfants intellectuellement précoces. À côté de ceci, pour enrichir nos sources, nous sommes allées au Centre Départemental de Documentation Pédagogique, ce qui nous a permit de trouver d’autres ouvrages sur ce même sujet. Pendant ce temps, la rédaction du dossier n’avançait pas beaucoup. Voyant les vacances arriver, nous avons décidé d’accélérer le rythme en nous répartissant les tâches. Clémence s’est intéressée plus particulièrement aux caractéristiques des enfants surdoués ainsi qu’à la dyssynchronie qu’elle a découvert en lisant le livre de Jean-Charles Terrassier, ouvrage qu’elle a choisi pour sa fiche de lecture. Sarah, quant à elle, s’est penchée sur les problèmes rencontrés par l’enfant surdoué tout au long de sa scolarité. Afin d’échanger les informations et les idées de chacune, nous nous réunissions lorsque cela nous semblait nécessaire. Une fois les recherches documentaires achevées, nous avons mis en commun toutes les notions nous paraissant importantes. Ainsi, nous avons sélectionné celles à conserver et celles à rejeter. A ce stade, la difficulté était de ne garder que les idées primordiales parmi les nombreuses informations que nous avions recueillies. Cette étape fut donc la plus longue à réaliser. Pourtant, il a fallu persévérer puisque ceci est un des points les plus importants du dossier.

Pour les fiches de lecture, nous avons dû être vigilantes afin de ne pas confondre les termes « résumé » et « synthèse ». Pour ceci, lors de nos lectures, nous relevions les principales idées. Ceci nous a permis de sélectionner seulement les thèmes les plus importants.

Pour terminer, la rédaction de la synthèse nous est apparue comme étant complexe.

Dans un premier temps, nous avons rencontré des difficultés à regrouper les informations principales et certains auteurs. Nous souhaitions que notre synthèse reste personnelle et ne soit pas trop théorique. Ainsi, nous avons préféré limiter le nombre d’auteurs à citer.

De plus, il nous a fallu hiérarchiser les notions, ce qui nous a pris un certain temps cependant au fur et à mesure, celles-ci ont découlé d’elles-mêmes.

Enfin, il s’est révélé difficile d’élaborer une question de recherche puisque celle de départ correspondait déjà à ce que l’on souhaitait traiter. En se remettant en cause, nous avons remarqué que notre question restait encore générale et pouvait être ciblée davantage.

 

C-   Fiches de lecture

 

  • « Le livre de l’enfant doué » étudié par  Sarah Plaire

 

Auteur :

ADDA, Arielle

Titre :

Le livre de l’enfant doué

Lieu d’édition :

Paris

Éditeur :

Solar

Année d’édition :

1999

         Nombre de pages :                         Bibliographie :                                Index :

                351 pages                               Non Oui

Lieu d’emprunt :

Bibliothèque universitaire

                                                   155

                             Cote :              455

                                                   ADD

Mots-clés :

Échec scolaire                            Dyssynchronie Famille                Différence

Quotient intellectuel (QI)         Éducation Intégration

Sensibilité                                 Ennui Solitude

Synthèse :

          Ce livre concerne les indices permettant de savoir si un enfant est surdoué. L’un des nombreux paradoxes de l’enfant doué est que peu de chose le distingue des autres.

Ne pas être diagnostiqué conduit à l’incompréhension, à l’isolement, puis à l’échec scolaire.

En France, peu de démarches sont faites pour favoriser la scolarité de l’enfant doué. Il existe tout de même le saut de classe et les écoles spécialisées qui sont assez limitées. De plus, en formant les enseignants à ce style d’enfants, il est possible de prendre quelques mesures simples, telles que des groupes de travail, pour faciliter son intégration.

L’avenir d’un enfant surdoué est très divers. L’avenir dépend du diagnostic et du parcours scolaire. Un enfant non diagnostiqué a moins de chance de réussir professionnellement qu’un enfant diagnostiqué Un enfant surdoué bien suivi, saura utiliser au mieux ses capacités intellectuelles et donc aura un avenir prometteur et surtout à la hauteur de ses capacités.

Intérêts :

Ce livre ne développe pas une théorie précise comme l’a fait Jean-Charles Terrassier avec la notion de Dyssynchronie. Cependant, l’auteur met en valeur la sensibilité de l’enfant surdoué.

Corrélat bibliographique :

  • Ils sont indésirables en classe. Le Monde de l’éducation. juin 2002. n°304.
  • ROYER, Jacqueline. Le destin des surdoués : réussite ou fragilité. Le journal des

psychologues. octobre 1997. n°151.

  • « Les enfants surdoués » étudié par Clémence Relet

 

Auteur :

TERRASSIER,

Jean-Charles

Titre :

Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante

Lieu d’édition :

Paris

Éditeur :

ESF Éditeur

Année d’édition :

1994

        Nombre de pages :                         Bibliographie :                               Index :

               125 pages                              Non  Oui

Lieu d’emprunt :

Bibliothèque universitaire

                                                      155

                               Cote :              455

                                                     TER

Mots-clés :

Précocité                                    Dyssynchronie interne Dyssynchronie sociale

Quotient intellectuel                   Éducation     Avance scolaire

Réaction des parents                Solutions           Orientation

Synthèse :

          Jean-Charles Terrassier approfondit le concept de dyssynchronie, qui consiste pour l’enfant à montrer un rythme de développement intellectuel largement supérieur à celui qui est normal pour son âge tandis que son développement affectif, relationnel et psychomoteur demeure normal. Il se crée donc un décalage entre l’intellect de l’enfant et les activités de son âge. L’auteur sépare alors la dyssynchronie interne qui conduit l’enfant à éprouver des difficultés dans le comportement physique, dans l’apprentissage de l’écrit et dans l’extériorisation des sentiments,  de la dyssynchronie sociale qui se traduit par des difficultés d’insertion scolaire et familiale.

Différentes méthodes d’identification du surdoué existent : les tests de QI, les tests de créativité et la désignation par les enseignants.

Pour les surdoués, les meilleures solutions semblent être l’école spécialisée et le sautement de classe.

Intérêts :

        Dans cette œuvre, l’auteur nous donne les principales raisons de l’échec scolaire d’un enfant surdoué en expliquant la dyssynchronie. Il y énumère également quelques solutions afin d’aider l’enfant dans son épanouissement.

Corrélat bibliographique :

– BILLUART, Stéphany.  » Le guide de l’école autrement : de 2 à 12 ans »

 

D-   Bibliographie raisonnée

 

  • Les ouvrages :

 

ADDA, Arielle. Le livre de l’enfant doué, Paris, Solar, 1999. 351 pages.

Comme l’indique son titre, ce livre traite de notre sujet. De plus, étant écrit par une psychologue, son point de vue nous a paru intéressant. Dans son oeuvre, elle met en avant le comportement de l’enfant afin qu’il soit mieux compris par son entourage, ce qui nous a grandement enrichi !

 

BILLUART, Stéphany. Le guide de l’école autrement : de 2 à 12 ans, Paris, Moreux, 2000. 222 pages.

L’enfant surdoué ayant besoin d’un enseignement particulier, nous avons choisi ce livre afin de mieux comprendre les différents recours et écoles auxquels l’enfant peut accéder. Stéphany Billuart nous explique très bien le fonctionnement et les particularités de chaque école (école de danse, de musique, de cirque, de difficultés scolaires) qui contribue à l’épanouissement de cet enfant.

 

CHAVENAS, Sophie. Guide des écoles pas comme les autres : de la maternelle à la terminale, Paris, Horay, 2000. 327 pages.

Ces « écoles pas comme les autres » dont parle l’auteur permettent aux enfants surdoués de s’accepter et de se sentir intégrés dans la société. Il explique également le fonctionnement de celles-ci. Ceci nous a permis de comprendre l’aide apportée aux enfants au sein du système scolaire.

 

OLERON, Pierre. L’intelligence. Paris, Que sais-je ? PUF, 1986. 127 pages.

Sachant que cette collection se montre instructive tout en restant simple, nous avons donc choisi ce livre de par son sujet (l’intelligence chez les surdoués) mais aussi du fait que l’on savait que ce livre se montrerait enrichissant.

 

TERRASSIER, Jean-Charles. Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante. Paris, ESF Editeur, 1994. 124 pages.

Nous donnant certaines raisons de l’échec scolaire des enfants surdoués, ce livre s’est montré très intéressant du fait des nombreuses explications qu’il apporte.

 

  • Les articles :

 

Ils sont indésirables en classe. Le Monde de l’éducation. juin 2002. n°304. p22-37.

Cet article fut pour nous enrichissant puisqu’il met en évidence le paradoxe entre la précocité chez certains enfants et leur échec scolaire. De plus, il montre les mesures prises afin d’intégrer ces élèves, il nous a donc beaucoup apporté pour notre recherche.

 

ROYER, Jacqueline. Le destin des surdoués : réussite ou fragilité. Le journal des psychologues. octobre 1997. n°151. p14-17.

Intéressées par le comportement de ces enfants, cet article nous a permis de mieux comprendre la fragilité affective de ceux-ci au quotidien.

 

WEISMANN-ARCACHE, Catherine. L’école n’est pas précoce. Le journal des psychologues. 2002. n°194. p54-57.

L’auteur étant psychologue scolaire et l’article traitant de deux faits réels, cet article nous a tout de suite attiré.

 

  • Les sites internet :

 

(3 Mars 2006). La fédération des associations Anpeip [en ligne]. Disponible sur :

http://www.anpeip.org.

Nous avons apprécié ce site du fait de son sérieux et des larges informations qu’il donnait sur notre sujet.

 

(3 Mars 2006). Association française pour les enfants précoces. [en ligne]. Disponible sur :

http://www.afep.asso.fr.

L’Afep étant une association agrée par la Ministère de l’Éducation Nationale, nous nous sommes dit que ses informations ne pourraient être que justes et intéressantes, ce qui s’est révélé être vrai.

 

III – Synthese et énoncé de la question de recherche

 

Il n’est pas juste de dire que tous les enfants sont égaux devant le savoir. Il a été démontré que l’intelligence est majoritairement d’origine génétique. L’environnement de l’enfant peut donc déterminer ou favoriser son potentiel inné mais ne peut le créer.

Le terme de « surdoué » n’est pas évident à définir. On retiendra celle que donne Julian de Ajuriaguerra, qui fut le premier à utiliser ce terme : « On appelle enfant surdoué celui qui possède des aptitudes supérieures qui dépassent nettement la moyenne des capacités des enfants de son âge ».

Des tests sont employés lorsque le comportement de l’enfant est jugé « anormal » pour son âge. On trouve parmi eux le test du Quotient Intellectuel (QI). Un enfant ayant un QI de 125 est considéré comme surdoué, ce qui est le cas pour 5% des enfants.  Ces tests servent alors de confirmation pour déterminer si l’enfant est réellement surdoué.

Le comportement de l’enfant surdoué est caractérisé par la grande précocité de son développement intellectuel. Il peut avoir un âge mental en avance de 3 à 7 années. De manière générale, les enfants précoces se montrent très actifs, très ouverts aux stimulations sensorielles et curieux de tout. Ils posent de nombreuses questions et s’impliquent dans les situations tout en observant astucieusement ce qui se passe autour d’eux. Très tôt, ils utilisent un vocabulaire riche et très élaboré. Ainsi, il n’est pas rare qu’un enfant surdoué soit capable de lire, aidé ou seul, avant le Cours Préparatoire (6 ans). Ce sont des enfants hypersensibles et créatifs qui aiment apprendre et manipuler le savoir. Cependant, ils ont des difficultés à s’intégrer auprès des autres élèves, car ils préfèrent la compagnie des adultes.

La principale caractéristique d’un enfant surdoué reste la «dyssynchronie», concept clairement expliqué par Jean-Charles Terrassier. Cela consiste pour l’enfant à montrer un rythme de développement intellectuel supérieur à la normale tandis que son développement affectif, relationnel et psychomoteur demeure normal. Il se crée donc un décalage entre l’intellect de l’enfant et les activités de son âge. Le surdoué peut dissimuler, dans une certaine mesure, son inconfort psychologique grâce à ses capacités cognitives exceptionnelles. Cependant, cela ne veut pas dire qu’une évolution remarquable du domaine intellectuel serve de moteur au domaine émotionnel. Ce syndrome consiste en un « développement hétérogène spécifique des sujets intellectuellement surdoués ». Autrement dit, l’évolution intellectuelle de certains enfants se fait de manière si rapide qu’il se crée un décalage, une rupture entre la sphère intellectuelle et les autres facettes de la personnalité.

On distingue deux types de Dyssynchronie :

– Tout d’abord, on trouve la dyssynchronie interne. Bien qu’en avance intellectuellement, l’enfant ne peut jamais avoir la même avance sur le plan de la motricité. Cela peut donc le conduire à éprouver des difficultés dans le comportement physique, dans l’apprentissage de l’écrit (retards en orthographe, problèmes en expression écrite, écriture maladroite…), et dans l’extériorisation des sentiments (manque d’expression). De même, si un enfant est en avance dans un domaine, il ne l’est pas forcément dans tous. Il peut alors y avoir un véritable décalage entre son raisonnement et ses acquisitions verbales.

– Ensuite, la dyssynchronie externe qui se traduit par des difficultés d’insertion scolaire et familiale. Conscient de sa différence, l’enfant est frustré par ce qui lui est demandé de faire pendant les cours et par la grande différence entre lui et les autres élèves. Il se réfugie dans la rêverie ou dans l’isolement. Cependant, bien que l’enfant soit conscient de la réalité de la vie, il reste un enfant. Il est donc essentiel qu’il puisse s’exprimer et communiquer avec les autres. Or, un enfant surdoué repousse et est repoussé par les autres enfants. Il se tourne alors vers des personnes plus âgées avec qui il ressent moins sa différence dans la mesure où sa supériorité intellectuelle est moins flagrante.

C’est donc cette «dyssynchronie» qui peut engendrer des problèmes relationnels au sein de la famille, de l’école, du groupe d’amis, ou simplement des problèmes de l’enfant avec lui-même. La personnalité de l’enfant est fortement marquée par le décalage entre lui et les autres et c’est ce qui entraîne souvent l’échec d’un surdoué.

 

Le fait d’avoir un QI supérieur à la moyenne n’implique pas nécessairement une réussite scolaire.

L’enfant précoce est confronté à un environnement inadapté qui lui demande de s’y habituer. Tannerbown accuse l’école de s’appuyer trop lourdement sur l’égalité, perdant de vue les réelles différences humaines. Il semble plus facile d’accepter la différence dans le sens d’un déficit que d’adapter l’enseignement pour les enfants surdoués. Il arrive que l’enfant qui a du savoir dérange considérablement l’adulte. Il est politiquement correct, dans les professions de l’enseignement, de s’intéresser à ceux qui sont en échec, mais comment gérer cette impuissance face à un enfant qui sait déjà ?

L’enfant surdoué peut se retrouver face à des difficultés dont les causes sont en partie dues à la dyssynchronie du développement, concept élaboré par Jean-Charles Terrassier. Ces contrastes entre le développement de l’intelligence et celui de l’affectif sont particulièrement déséquilibrants et se retrouvent être à l’origine d’inadaptations scolaires, par exemple, les problèmes d’intégration sociale. Ceci provoque également des troubles affectifs avec l’alternance de sentiments de supériorité et d’infériorité, ne permettant pas à l’enfant une auto-estimation stable et sécurisante. Il y a émergence d’angoisses et le « moi » doit se protéger. Dans ce cas, l’enfant surdoué peut choisir, malgré lui, de se fondre dans la norme en mettant de côté ses capacités intellectuelles. On constate par ailleurs que l’enfant intellectuellement surdoué ne se distingue pas des autres enfants uniquement par sa précocité, mais aussi par certaines « façons de penser » qui ne sont pas celles du sujet « moyen » et qui ne seront jamais celles de ce dernier, peu importe son âge. L’enfant surdoué se singularise par un incroyable besoin de connaître. Son avidité à savoir le mène à questionner sans arrêt et à tisser des relations avec des personnes plus âgées que lui. Cela ne favorise donc pas son intégration au sein de la masse où il s’ennuie, gêne, perturbe et cherche à s’évader.

Les réactions de l’enfant surdoué par rapport à son état sont très diverses. Parfois conscient de sa supériorité, il s’investit énormément dans son domaine privilégié, avec une attitude plus ou moins méprisante pour les autres. Parfois, les dons exceptionnels du surdoué resteront ignorés, car il n’est souvent qu’un écolier moyen. Enfin, le surdoué ne comprend pas pourquoi il est différent des autres, souffre de son état comme d’une maladie honteuse, et son désir de se retrouver dans « la norme » favorise l’extinction de ses capacités.

Reconnaître un enfant surdoué est important, car il a besoin d’être nourri pour survivre. Ces derniers n’exploitent pas totalement leurs aptitudes et leur potentiel, et l’ennui qu’engendre une ambiance aussi peu stimulante que celle qui leur est proposée à l’école les rend distraits.  L’enfant surdoué n’apprend pas à travailler, à se dépasser, voire à angoisser. Il abandonne parfois prématurément une tâche dont la solution ne lui apparaît pas de manière immédiate. Dans l’enseignement secondaire, surtout à partir de la troisième année, il peut être confronté à des difficultés d’apprentissage et de mémorisation lorsque les matières deviennent plus complexes. Hollingworth  écrit qu’un sujet présentant un QI de 140 perdait pratiquement la moitié de son temps en classe à ne rien apprendre. L’inadaptation de l’environnement scolaire proposé à cet enfant ne peut être que très préjudiciable à son développement original.

La situation du surdoué en classe ordinaire est analogue à celle de l’enfant d’intelligence normale contraint à passer ses vies scolaires dans une classe pour déficients mentaux. Il ne faut donc pas être surpris par la suite qu’un tel élève présente des difficultés d’adaptation et d’identification avec ses camarades. En effet, le groupe de pairs auquel appartient l’enfant joue également un poids non négligeable dans ce phénomène. Le surdoué ne doit pas déborder d’une façon excessive les normes de son groupe sous peine d’en être rejeté. Jean-Charles Terrassier précise bien que « L’enfant surdoué n’est qu’un enfant, mais surdoué ».

S’il est vrai que les rencontres entre les enfants doués sont importantes pour qu’ils sortent de leur isolement et pour éviter qu’ils ne se considèrent comme des sujets marginaux, il n’est pas moins vrai qu’une ségrégation en classe à temps plein peut également être dangereuse.

Finalement, la difficulté que représentent ces enfants rejoint celle de tout enfant hors norme. Comment l’enfant surdoué peut-il être pris en charge de manière satisfaisante à l’école s’il n’est pas reconnu avec ses propres particularités et ses propres besoins ?

 

Conclusion

 

Ce dossier nous a permis d’apprendre beaucoup de choses, que ce soit sur les techniques documentaires ou dans un but personnel. Notre dossier s’est fait progressivement. Cependant, nous avons eu quelques périodes de flou qui ont fini par s’éclaircir. Le choix du sujet n’a posé aucun problème, mais la rédaction nous a paru beaucoup plus difficile.

Tout d’abord, les documents n’ont pas été faciles à trouver, mais en diversifiant les techniques et les lieux de documentation, nous avons fini par être riches en informations. Ensuite, il a fallu commencer à rédiger. Nous avons eu quelques difficultés à cerner le contenu de chaque partie. Aussi, après quelques explications, ceci nous a paru beaucoup plus net.

Nous avons passé beaucoup de temps à discuter pour recadrer le sujet. Le fait de travailler un dossier en binôme est très intéressant, il est très important de communiquer pour, ensuite, se mettre d’accord.

En ce qui concerne les enfants surdoués, notre opinion a beaucoup évolué ainsi que nos connaissances en la matière. Au début nous ne connaissions quasiment pas grand-chose sur ce sujet même si Sarah avait déjà été en contact avec un enfant surdoué. Cependant, nous avons beaucoup évolué, car, auparavant, nous ne comprenions pas comment des enfants surdoués pouvaient avoir des échecs scolaires avec un tel développement des capacités intellectuelles. Grâce à ces recherches et les livres, nous avons ouvert les yeux sur tous les problèmes que pouvait engendrer ces cas. Pourtant, il ne faut pas non plus croire que tous les enfants précoces sont malheureux et échouent. Cependant, en France, peu de mesures sont prises pour éduquer au mieux ces enfants. Nous trouvons dommage que l’école soit autant basée sur l’égalité des  chances, ce qui conduit à perdre de vue les véritables besoins de ces enfants tous différents les uns des autres. Nous pensons, tout de même, qu’être surdoué est un avantage quand il est reconnu en tant que tel, mais il a besoin de beaucoup de soutien. Un enfant précoce qui est bien suivi doit normalement réussir et avoir un avenir à la hauteur de ses capacités intellectuelles.

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